conception/réalisation : Le Chéri
Et bientôt un billet sur des gens qui débutent leurs journées de travail à 4h45 mais quelle horreur.
Strange world.
conception/réalisation : Le Chéri
Et bientôt un billet sur des gens qui débutent leurs journées de travail à 4h45 mais quelle horreur.
Strange world.
La première photo est une vue de mon bureau qui se situe au 33ème étage de la nouvelle tour de mon nouveau job, dans ma nouvelle boîte. La seconde a été prise d'une salle de réunion qui culmine au sommet de la tour, au 40ème étage.
Avant, j'étais au 15ème étage, dans une petite tourette qui n'en comptait que 23.
J'ai désormais les pieds très loin du sol et la tête perchée dans les nuages. Ca s'appelle l'ascension professionnelle.
Les parois vitrées de mon bureau vont de bas en haut. Si bien que j'hésite à mettre ma robe fétiche, celle qui tournicote quand je tords du cul pour faire rire les copines. Manquerait plus que je régale les pigeons. J'exècre ces bestioles : pour prendre plaisir à chier sur des statues, faut être sacrément pervers. Tu t'y vois, toi?
J'ai pris des tas de cafés avec des tas de gens. Je mélange les prénoms. Y'en a une qui s'appelle Svetlana, c'est difficile à prononcer. Alors, pour l'instant, je n'interpelle surtout pas les collègues.
On me sourit et je souris. On rit et je ris.
On parle alimentation bio et je dis que mieux vaut manger du gros poisson que du petit, la concentration de polluants étant inversement proportionnée à la taille de la bestiole. Je ne mange pas de thon. C'est faux mais qui le sait? Pour des points supplémentaires sur l'échelle de l'intégration, je vendrais la mer et son contenu.
Y'a des immenses orchidées dans le hall d'entrée et des écrans plats qui diffusent des messages du genre "NatureCompany sauve la planète".
Yann Arhus-Bertrand a fait une conférence le mois dernier, c'était moyen parait-il.
Ma poubelle est minuscule, divisée en deux micro-compartiments et chacun d'entre nous est prié de déverser lui-même ses déchets dans les bacs à tri sélectif situés à côté de la reprographie. Sur le chemin, il est impossible d'oublier combien c'est chouette d'imprimer en recto-verso. C'est écrit partout en lettres fluo.
Feignasse comme je le suis, je vais utiliser mon papier jusqu'à la trame. Voire même, le bouffer.
La cantine est divine. Y'a du bio, du light, de l'exotique, du traditionnel, de la viande, du poisson, de la tourte, du plateau de fromage encore plus beau qu'à Noël.
Le premier jour, j'étais perdue.
J'ai pris une verrine avec du chou (bio) cru et des baies roses en entrée. C'était un bel assortiment de couleurs, ça m'a plu.
Ensuite, du saumon (bio) avec des légumes vapeur. C'était le 2 janvier, j'avais le foie encore un peu douloureux.
En dessert, j'ai choisi une compote de pommes (bio). Ca m'a rappelé la maison, je me suis sentie un peu moins perdue.
Vendredi, je me suis inscrite à la conciergerie.
Désormais, je pourrai me faire arracher les poils le midi, donner ma veste au pressing le soir et la retrouver propre le surlendemain. NatureCompany a le sens de l'hygiène. Ou bien des salariés maladroits et poilus ou bien qui vomissent sur leurs vestes après les repas. Je ne sais pas encore.
Je suis un peu paumée.
Mercredi midi, y'avait "galette des rois" au 40ème. Les gens trinquaient avec du cidre (bio) versé dans des verres en carton recyclable.
C'était bon.
J'en ai raté le début des soldes.
Je suis à côté de mes pompes.